« vous êtes l’amour malheureux du führer »

1969  : Albert Speer, architecte favori et ministre de l Armement d Hitler, publie ses Mémoires. Revisitant son passé, il parachève l ultime métamorphose qui a sauvé sa tête au procès de Nuremberg et fera de lui la star de la culpabilité allemande. Affirmant n avoir rien su de la Solution finale, il se déclare «  responsable, mais pas coupable  ». Les historiens auront beau démontrer qu il a menti, sa version de lui-même s imposera toujours.Comment écrire sur un homme qui a rendu la fiction plus séduisante que la vérité  ?À l heure des fake news et de la guerre des récits, voici le roman d un des plus grands mensonges de l Histoire. Traquant les scènes de la vie de Speer et convoquant les acteurs capitaux d après-guerre, notamment l historienne Gitta Sereny, Jean-Noël Orengo propose une lecture vertigineuse de celui à qui l un de ses collaborateurs affirmait  : «  Savez-vous ce que vous êtes  ? Vous êtes l amour malheureux du Führer.  »  L auteur questionne tout ce que raconte Speer, la part d invention et de mise en scène, cet art dont il fut «  un maître  ». Raphaëlle Leyris, Le Monde.On repose livre étourdi, un peu ivre. Et on admire Orengo, qui fait imploser l immortalité de carton-pâte, pourtant terriblement solide, de Speer. Damien Aubel, Transfuge.